Faire ou ne pas faire? Transgression et régulation des comportements subversifs à Montréal

montreal

7 mai 2018

Qu’est-ce-qui est permis dans l’espace public, qu’est-ce-qui ne l’est pas ? La question semble simple, mais, à Montréal, y répondre ne coule pas de source.

Cette étude de cas aborde la rencontre entre des pratiques transgressives de jeunes, qui s’expriment en particulier artistiquement, en suivant les graffeurs qui s’expriment sur les murs de Montréal, et en assistant à des spectacles d’humour organisés à distance des grandes scènes des festivals les plus fameux de la ville. Plus largement, cette étude de cas s’intéresse à l’interaction entre les mécanismes de régulation et les initiatives subversives pour tenter d’identifier les espaces d’expression accessibles aux jeunes.

Prenons l’exemple des jeunes graffeurs : sont-ils dans l’illégalité dans une ville dont l’artère principale (le boulevard Saint-Laurent) accueille chaque année, depuis 2012, un festival consacré à l’art urbain ? S’agit-il de vandalisme ou d’embellissement des espaces communs ? Pour citer Quentin Guatieri, responsable de volet de notre recherche : « le caractère hybride de cette forme d’art urbain permet ainsi d’interroger les trois aspects retenus par TRYSPACES : la transgression des graffeurs, la régulation des pouvoirs publics et l’intervention d’acteurs divers (jeunes graffeurs, responsables politiques et habitants du quartier) dans le processus de recherche. »

Une seconde illustration s’appuie sur le développement de spectacles d’humour sur des scènes non officielles, dans des squats à Hochelaga. Mélissa Moriceau, responsable de cette enquête de terrain ethnographique, explique : « Ainsi, les humoristes ont la possibilité d’aborder des sujets jugés « tabous », « sensibles » qui sont d’ordinaire proscrits dans les sphères publiques. La question générale qui sous-tend ce projet est donc de comprendre comment les actes transgressifs expérimentés dans les scènes artistiques des squats exhalent la possibilité d’innover et de créer de nouveaux discours sur soi et sur la société. »

Pour consulter la fiche synthèse de cette étude de cas pour l’année 2018.

 

 

 

 

 

Crédits photo: Mélissa Moriceau